Entretien avec la rédac de Retrogamer collection

Entretien avec la rédac de Retrogamer collection

Depuis Avril 2015, Retrogamer collection, une adaptation du magazine Anglais RetroGamer commence à faire son petit bonhomme de chemin dans nos kiosques. J’ai pu discuter avec la rédaction qui a bien voulu répondre à mes questions.

Pouvez-vous vous présenter auprès des lecteurs ?
Nous sommes une toute petite équipe qui n’est pas totalement novice en la matière, puisque parmi nous, il y a des transfuges de la presse jeu vidéo des années 1990 à 2000 et même un grand manitou qui lui-même a été un des fondateurs d’un grand éditeur français de jeux vidéo de cette époque. Pêle-mêle, on nous a croisés dans Gen4, PCFun, Gamekult et même Tilt, entre autres. On ne vous en dira pas plus, mais vous imaginez bien que le retrogaming et l’industrie du gaming, on a pas mal baigné dedans… à l’époque où ce n’était pas si rétro que ça !

Retrogamer collection était déjà apparu en kiosque en 2010 chez un autre éditeur (Oracom) et avait un reçu un très mauvais accueil (la faute à une traduction un peu trop approximative) de la part des joueurs/lecteurs. Craignez-vous de vivre la même chose au lancement du premier numéro ?
Honnêtement, on ne l’a pas lue, cette première mouture, sinon quelques extraits qui traînent sur le web sur lesquels nous ne nous prononcerons pas. C’est comme tout : même si on part d’un magazine anglais existant, il faut 1) savoir de quoi on parle et 2) savoir comment en parler. On ne pouvait pas se contenter de traduire bêtement le mag, on est totalement incapables d’être aussi carrés et disciplinés. On n’est pas du genre à pouvoir nous empêcher d’y mettre notre grain de sel. On n’hésite pas à ajouter parfois nos propres petites connaissances, des anecdotes que nous avons vécues, tout ça. Le mag’ anglais d’origine est très bien, mais on voulait aussi mettre notre griffe. La remettre, en fait. Retrouver l’esprit jeu vidéo old school. Le jeu vidéo a mûri, peut-être trop. Aujourd’hui, il porte un costume, une cravate et des pompes italiennes. Nous, on l’a connu et apprécié quand il était débraillé, déchaîné, insouciant, audacieux, impertinent, explorateur. Et c’est toujours ce jeu vidéo-là, qu’on aime. Un jeu moche mais fun sera toujours meilleur qu’une tuerie graphique pleine de vide, sans originalité, sans passion. Voilà, la passion : c’est ça le truc ! On a fait le magazine en tant que passionnés qui adorent partager leur passion. Si on se demandait évidemment quel serait l’accueil du magazine à la sortie du n°1, on avait mis tout notre cœur dedans (même si ça tache un peu). On n’avait pas à rougir de notre boulot, on assumait totalement, même les coquilles et erreurs qui se sont sûrement glissées dans le mag’ (on est nous-mêmes trop buggés pour tout débugger).

Le magazine semble avoir trouvé son public au fil des mois et le premier numéro est « out of stock ». Peut-on s’avancer en disant que Retrogamer collection est un succès ?
Bon, on a un peu eu les chocottes quand même, hein, quand c’est sorti. Quand on a commencé à lire les avis sympa qui ont fleuri à la sortie du numéro 1, on a compris qu’on n’était pas les seuls à trouver notre bébé plutôt potable. Et quand on a eu la confirmation que vous étiez assez nombreux au rendez-vous pour enchaîner sur le n°2, c’était la fête, avec pom-pom-girls et fontaines de Champomy. Mais rien n’est acquis : chaque nouveau numéro doit mériter votre accueil, si on veut continuer longtemps. Au moins jusqu’au jour à on commencera à avoir des articles de retrogaming PS4. Oui, c’est un bon début.

Comment se déroule la conception d’un numéro Retrogamer collection et combien de temps cela prend par numéro ?
Si le magazine est trimestriel, c’est justement parce que c’est à peu près le temps qu’il nous faut. On commence par lire, annoter, modifier un peu le matériau d’origine, on dispatche les articles selon les accointances et les goûts, parfois par la menace ou la corruption, puis on se met au taf’. Il y a aussi quelques trucs 100% maison. Quelques petits articles, des encadrés, des paragraphes… Par exemple, certains papiers Retrovirus sont totalement inédits. Et on se partage aussi le relationnel avec les lecteurs, le blog, la page Facebook, etc.

Avez-vous d’autres projets à venir ? Par exemple un magazine retrogaming (ou pas) 100% made in France ?
L’air de rien, 200 pages, c’est un sacré boulot, surtout quand elles sont particulièrement denses comme celles de Retro Gamer Collection. Pour l’instant, on se concentre sur ce mag, on verra pour la suite. On préfère en faire peu, mais bien, plutôt que de nous disperser. Mais bien sûr, on a quelques idées derrière la tête. On verra. C’est vrai qu’on aurait bien envie de rameuter les copains journalistes de l’époque pour faire un truc bien d’chez nous, mais ce serait une toute autre aventure bardée d’obstacles, dont certains peuvent sembler plutôt insurmontables… mais ce serait chouette.

Un dernier mot pour la route ?
Ornytorynque. Ornytorinque. Hornithorynque. Non laissez tomber : on va choisir « slip », finalement.

Je tiens à remercier la rédaction de Retrogamer collection qui a pris le temps de répondre à mes questions. Ce magazine est loin de n’être qu’une bête traduction d’un magazine Anglais comme on a pu le voir chez Oracom. Il y a des gens passionnés derrière cette revue qui méritent largement le coup d’oeil. Et qui sait, peut être aura t-on un jour une vraie édition Français de Retrogamer ? En tout cas, c’est tout le mal que je leurs souhaite !

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